Paru dans ‘’ Profession Kinésithérapeute’’ Juin 2007 : Haye M.

 

La Kinésithérapie Analytique regroupe des examens et des techniques spécifiques exigeant notamment un haut degré de dextérité manuelle, pour la prévention et le traitement des affections ostéo-articulaires et abarticulaires d’origine traumatique, micro-traumatique, fonctionnelle ou posturale, c’est-à-dire:

 

– les pathologies inflammatoires non systémiques ( ténopathies, téno-synovites, arthrites, péri-arthrites, ostéochondrites…)

– les pathologies dégénératives ou dystrophiques ( arthrose, algodystrophie…)

– les traumatismes articulaires et abarticulaires ( luxations, fractures articulaires, ruptures tendineuses… )

– les pathologies orthopédiques ( scolioses, hypercyphoses dorsales, varus ou valgus du genou, séquelles chirurgicales…)

 

JUSTIFICATION FONDAMENTAL


Le choix à bon escient, au bon moment, de ces techniques, de ces examens ainsi que leurs modalités d’exécution reposent sur des justifications théoriques et un raisonnement clinique formant un ensemble logique et cohérent appelé concept.

Le concept de Sohier part de l’idée fondamentale selon laquelle on ne peut réellement soigner une articulation que si on a le potentiel de ramener à l’équilibre biologique les tissus lésés ou malades; sinon on fait de l’adjuvance, on limite les effets des compensations, on essaie de réduire la douleur, mais on ne s’attaque pas au problème primitif ayant perturbé la physiologie des tissus articulaires et péri-articulaires.

 

Les mécanismes déterminant l’équilibre biologique, c’est-à-dire les mécanismes qui régissent la dégradation et la reconstruction cellulaire sont inscrits dans les gènes et influencés par les rapports qu’a la cellule avec son environnement.

Au niveau des tissus articulaires et péri-articualires, l’environnement influençant est, en grande partie, physique, mécanique. Là est la justification fondamentale de notre intervention, car un trouble biomécanique ( état pathomécanique ) suffit à lui seul pour déclencher une affection articulaire.

La Kinésithérapie Analytique , telle que la conçoit R. SOHIER, se donne pour finalité de normaliser l’environnement physique des tissus afin d’optimaliser leur potentiel biologique.

 

Dans cette perspective, la récupération d’une cinématique articulaire normale s’avère être la première des priorités. Elle a, en effet, pour conséquences:

 

– d’équilibrer les tensions capsulo-ligamentaires et donc, la mécano-réception ,

– de diminuer les excès de tension musculo-tendineuse par étirement,

– de lever les contractures des muscles stabilisateurs . Cela, probablement par normalisation des afférences proprioceptives péri-articulaires. Ces constances de tractions musculaires et tendineuses sont, en grande partie, responsables de la dystrophie musculaire et de la dégénérescence tendineuse,

– de réduire la nociception, par voie de conséquence,

– de réduire les déséquilibres vaso-moteurs,

– d’améliorer le rendement fonctionnel,

– de retrouver les programmes initiaux des automatismes moteurs, perturbés notamment par des comportements antalgiques ( voir les troubles de la posture ou du contrôle dynamique de la scapula lors de l’élévation du bras en cas de lésion, même légère de la coiffe des rotateurs).

 

En dehors des traumatismes, des micro-traumatismes répétés ( sports ), des troubles posturaux et des rétractions capsulo-ligamentaires, c’est la prédominance fonctionnelle qui est responsable de ces troubles cinématiques , encore appelés décentrages.

 

Ce sont des mobilisations douces, progressives, tangentielles aux surfaces articulaires et réalisées à partir de positions initiales ne mettant pas en tension les tissus mous péri-articulaires.

 

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